Académie art du collage : Accueil
Art collage stages et cours
Art collage : livres et vidéos
Art du collage et poésie
Art du collage : Le roman collage
Art du collage : Sérial Colleur de A. de la Bonte
L'art du collage de Marléna Ratti
Netcheva, ou l'art retrouvé du collage
Art du collage et littérature insolite
Art du collage : J.Kolar par P.Lemaire
Art du collage : Andersen, le poète collagiste
Art du collage : Manifeste
L'art du collage en Bulgarie
L'avenir de l'art du collage par Guy Savel
L'avenir de l'art du collage par JP. Fruit
L'avenir de l'art du collage par Y.Carlier
L'avenir de l'art du collage par N.Bergeron-Duval
L'avenir de l'art du collage par J.Christensen
Rejoignez le forum art du collage
Concours art du collage : Awards
Art du collage : Partenaires & Liens

Google
 

 

 

L'art du collage en Bulgarie

interview de Maguy Savova 

 

 

Maguy Savova, fondatrice du symposium ( à présent dirigé par Margarita Djarova, nous livre un état des lieux sur l’art du collage en Bulgarie et la condition des artistes bulgares. Maguy Savova, représentante d’Artcolle en Bulgarie profitant de son long séjour en Suisse pour des études sur la conservation des œuvres, prépare actuellement avec PJV à la réalisation du premier salon du collage à Genève ( Suisse ) qui devrait avoir lieu en 2005.

Maguy a été également l’antenne bulgare qui a pu, grâce à son sens de l’organisation, mener à bien l’opération Atout cœur d’artiste au bénéfice des enfants qui séjournent à l’hôpital universitaire de Plovdiv.

L’entretien qui suit a été traduit par mon amie russe Svéta ( j’en ai gardé sa traduction originelle, avec ses étranges tournures de phrases qui font le charme slave ! )

Maguy, quels sont les collagistes de référence en Bulgarie ?

 J’ose prétendre qu’en Bulgarie, on a commencé à parler de l’art du collage que dans les quatre ou cinq dernières années, et principalement à Plovdiv. On considère la majeure partie des créateurs établis en Bulgarie qui apportent la technique de collage dans leurs travaux comme des peintres, des graphistes ou des artistes qui s’occupent de  formes non traditionnelles, et non de collagistes . En fait, Le collage a été considéré jusqu’à dernièrement comme une pratique pas très sérieuse. Mais maintenant, de plus en plus, les créateurs jeunes appellent la technique qu’ils utilisent avec son nom vrai, c.-à-d. le collage. Des collagistes de l’ancienne  génération , c’est à dire un peu plus âgé que moi , je peux nommer M. Gueorgui Bojilov – dit l’éléphant, Mme Margarita Djarova, M.Tzanko Panov. Cependant l’un de plus célèbres créateurs dans le monde, se nomme Cristo, un artiste d’origine bulgare, qui dans ses premiers travaux a combiné l’empaquetage à l’assemblage.

Quel regard portes tu sur l’art contemporain ?

Je suppose que cette question touche le vidéo art et l'art conceptuel. Selon moi, il faut que l'art se développe sous toutes ses formes. Je suis heureuse que des dogmes et règles ne puissent plus empêcher à l'art. Je pense comme ça parce que les artistes bulgares savent très bien ce que veut dire d'avoir des restrictions dans l'art. Mais s'il y a des artistes qui ont besoin d'exprimer eux-mêmes à l'aide de ces formes, qu'ils le fassent. Le temps qui viendra après nous, montrera ce qui restera comme non-transitoire dans l'histoire.

Quelle analyse de la situation actuelle ?

Si on parle de la Bulgarie où, d'un côté, la situation économique n'est pas normale depuis 13 ans et cela reflète à la capacité d'achat des connaisseurs de l'art, à savoir: des intellectuels, beaucoup d'artistes de talent se sont commercialisés et ont été dépréciés. Mais peut-être cette situation a lieu aussi dans les pays de démocratie libérale. Ici, on assimile encore souvent la valeur du travail intellectuel et celui des muscles. D'autre côté, la liberté intellectuelle que les peintres et d'autres artistes possèdent maintenant, est très précieuse mais, malheureusement, il est nécessaire d'avoir des conditions financières élémentaires pour pouvoir créer tranquillement ses oeuvres. Dans des conversations avec les collègues des pays européens, il s'agissait de leurs possibilités - quand ils veulent organiser une exposition - de trouver un autre travail dans des domaines hors de l'art et de gagner des moyens pour son exposition, tandis qu'ici ces possibilités n'existent pas. Quand on a un autre travail et avec ce qui a été gagné, on paye à peine l'électricité, l'eau, le téléphone, le repas. Il ne reste rien pour des matériels. Personnellement, il ne me l'arrive pas à moi souvent mais je le dis parce que cela touche directement les peintres et, respectivement, la situation actuelle dans l'art. Mais dans le tout il y a quelque chose de positif. Les restrictions financières nous font inventer plus avec des moyens expressifs et des matériels que nous utilisons.

Une autre chose qui doit être mentionnée est qu'en Bulgarie il n'y a pas encore de Musée de l'art moderne. Il n'y a pas non plus d'individualistes indépendants et courageux qui, s'en sacrifiant, pourraient créer un musée comme ARTCOLLE.

Quelle est ton appréciation  sur tes collègues collagistes, bulgares et étrangers ?

En ce qui concerne mes collègues-collagistes bulgares, je dirais que chacun d'eux a son propre style et lutte à la sienne contre la sous-estimation du collage comme d'une forme de forme de l'art.

C'est avec joie que j'affirme que Plovdiv respecte et sache bien plus l'art du collage, surtout après les symposiums, l'aide parfaite et la coordination avec ARTCOLLE. Notre groupe des collagistes à Plovdiv est le plus nombreux en Bulgarie. Au début, d'autres collègues ne traitaient pas sérieusement le collage mais après avoir vu par leurs propres yeux des collagistes de première classe comme Madame Ratti, Pierre-Jean Varet, Parice Paloméras, Dale Copeland, Jack Ross et d'autres, ils ont compris que l'art ne restreint pas qu'a la peinture, à la graphique et à la sculpture. Je crois que l'aide d'ARTCOLLE y a le mérite essentiel et pour ce que nous avons compris notre liberté dans le désir de vaincre les conceptions vieillies. Les collègues étrangers m'inspirent du respect. Ils utilisent leur propres techniques, des recettes depuis centaines d'années, de leur part j'ai appris à beaucoup de choses sur la conservation des collages mais mon plus grand plaisir a été de communiquer avec eux. Je sens très proche les collages de Bertrand Athouel grâce à leurs lyrisme et sincérité mais, malheureusement, je n'ai pas encore vu ses collages orignaux.

Dans quelle mesure ton origine ( bulgare ) nourrit ‘elle ta création ?

Tout et chacun a qu’en soi-même des traditions, de la mentalité, des sons et même de l'odeur de son lieu de naissance. L'histoire ancienne de notre pays, la musique d'Orphée, la cosmogonie orthodoxe-chrétienne, le temps irrégulier de notre musique folklorique prennent une place certaine dans mon cœur. Où que je me trouve, au sens si même j'habite ailleurs, je crois que les émotions de mon origine seront toujours présentées dans mes oeuvres. J'aime voyager (peut-être c'est le nomade de mes racines des Proto bulgares qui parle en moi), ainsi de nouvelles impressions me donnent un coup d'énergie.

Après la chute du mur de Berlin, le retour à la démocratie en Bulgarie , quelque chose a t’il changé pour l’artiste bulgare ( en mieux, en pire ) ?

 J'ai déjà dit quelques fois dans mes réponses mon opinion sur la question. A mon avis, les choses ne sont pas extrêmes: seulement le bien ou seulement le mal. Quant au bien, la restitution de la démocratie a donné la possibilité aux artistes bulgares de se développer en liberté, en exprimant leurs pensées dans leurs oeuvres, d'organiser leurs expositions indépendantes quand ils veulent, de voyager dans l'étranger etc. Mais d'avoir le droit de choisir n'est pas facile. Ma génération s'y est adaptée vite mais des collègues plus agés acceptent avec la peine la perte de la certitude. Il n'y a plus de moyens budgétaires pour l'art. Les galeries d'État et les usines n'achètent plus des ouvrages des expositions de groupe. Le sens de certitude a amené pas mal des collègues dans l'impondérabilité. Il faut que chacun cherche soi-même sa place sous le soleil. C'est la question d'adaptation et d'endurance.

L’entretien qui suit a été traduit par mon amie russe Svéta ( j’en ai gardé sa traduction originelle, avec ses étranges tournures de phrases qui font le charme slave ! )

Tu utilises d’autres formes d’art, comme la sculpture et la peinture, pourquoi le collage est l’art que tu privilégis le plus dans tes compositions ?

 Parfois, il est très difficile pour un artiste d’exprimer en forme écrite l’émotion qui le fait se mouvoir pour créer une chose déterminée.

Ainsi, tout ce qu’on parlait en Bulgarie, pendant le communisme, était négatif pour la technique du collage : on disait  par exemple que l’art du collage est un art formel ( surtout les critiques socialistes ) et toutes ces opinions ne  m’intéressaient pas trop.

J’ai commencé, comme j’ai déjà dit, d’une manière libre, sans les restrictions et les limitations du vieux temps. L’impulsion de coordonner et de combiner les choses qu’ on ne peut pas exprimer à l’aide d’une brosse à peintre et de couleurs ou d’autres matériaux,  et la possibilité d’exprimer sur la base dimensionnelle une réalité tridimensionnelle ,même en millimètres, m’ont poussé à cette  provocation incroyable à l’époque du communisme.

L’assemblage aussi m’intéressait beaucoup. Chez moi, le collage est comme  un assemblage, la combinaison de vieux matériaux différents, portant en eux-mêmes leur énergie et qui en même temps sont rejetés à côté, qu’on enlève, qu’on nettoie pour faire un collage d’une manière nouvelle comme  une vie nouvelle. La provocation pour moi c’est aussi la combinaison des matériaux qui sont produits pour être utilisés dans la vie quotidienne avec le but utilitaire de les faire coordonner en un tableau, en un panneau, en une forme plastique et en relief.

Et quand on me demande: “Qu’est–ce que tu fais?”, je réponds simplement: “Je joue”.

C’est un jeu dans lequel on se plonge.

Comme l’enfant qui joue, et qui oublie parfois où il se trouve et qui est dans son monde imaginaire avec ses héros et situations, c’est comme assembler un puzzle, mais un puzzle sans une image primaire, avec son propre moyen d’expression et d’arrangement.

Il est très agréable quand on en a la possibilité de continuer à jouer toute la vie. Et même si tout cela paraît étrange aux autres, nous, les peintres et les collagistes,  faisons notre destinée en jouant.

 Quel est actuellement ta méthode de travail ?

 Dans mes dernières oeuvres je travaille avec du papier gaufré. La préparation exige de coller le papier gaufré par quelques couches, tout en alternant la direction de la laine horizontale/verticale. Ce sont des découpages partiels qui suivent, ils donnent de la profondeur et du relief traçant les couches. La composition est peinte avant le découpage. En finissant cette phase, on ajoute des matériels essentiels de composition : des copies, de vieux papiers colorés et des images nécessaires pour créer une idée. Pour obtenir des niveaux divers pendant le découpage, j'utilise habituellement une droite ou une courbe ce qui produit un effet un peu décoratif. Parfois j'ajoute de la bouillie de papier, des confettis dans la composition. Quand je fais l'assemblage, d'abord je choisis des éléments de vieux objets, de préférence ceux en bois, je les nettoie, change quelque-fois leurs aspects initiaux, insère aussi des éléments d'un autre bois , et alors je colle toute une composition. C'est sur la composition de volume et de plastique que je fais ma peinture et mes collages.

Tes autres techniques comme la sculpture et la peinture , influencent– t’elles ta propre technique du collage ?

Je crée des sculptures en bois ( parfois monumentales ) principalement pour les symposiums de sculpture. Je peinds souvent également des icônes, sur commande . Les icônes  représentent des objets sacrés et, en les travaillant, je m'y plonge entièrement comme dans la magie.  Quant à mes collages, l'influence est un peu spéciale. Mon collage influence l'assemblage et de plus en plus j'y ajoute du collage..!!!. En ce qui concerne les icônes, ce rapport est inverse. Les icônes influencent les collages du point de vue du sujet et de la peinture décorative.

Si tu devais définir ton travail en rapport avec les notions académiques et historiques, de quel mouvement te sentirais- tu le plus proche ?

 

 Il m'est toujours difficile de faire ces définitions-là, je préfère que quelqu'un d'autre le fasse à ma place ! Cependant , peut-être je suis influencée par le symbolisme et jusqu'à un certain degré par le synchronisme et par le constructivisme.

Le collage me donne un confort créateur d'unir ces tendances dans mes ouvrages comme un moyen pour créer des liens irrationnels entre des parties empruntes, des images, des matériels comme des signes de la réalité sensorielle.

TOUT L'ART DU COLLAGE :

http://stores.ebay.fr/art-du-collage - Annuaire Artistique Collart 

 Cours techniques de l'art du collage par correspondance et internet - Forum de l'art du collage - Tout l'art du collage - Le portail -

PIERRE JEAN VARET - La maison du collage - Académie Artcolle - Sylvia Netcheva - http://forum.artducollage.com/data/blogfr.xml

-

 

 

RETOUR

L'art du collage en Bulgarie
© 2007 Pierre-Jean Varet